À l’approche du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Commission communautaire française (COCOF) ont uni leurs voix pour lancer «#ARRÊTE c’est de la violence», une nouvelle campagne de lutte contre la violence entre partenaires et, plus singulièrement, les agressions et la cyberviolence sexuelles mais aussi le revenge porn dans les couples de jeunes.

 

À l’initiative des Ministres compétentes des entités fédérées francophones; Isabelle Simonis, Ministre des Droits des femmes et de l’Égalité des chances à la Fédération Wallonie-Bruxelles, Alda Greoli, vice-Présidente de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en charge de l’Égalité des chances et de l’action sociale et Céline Fremault, Ministre de l’Action sociale et de l’Aide aux personnes à la Commission communautaire française, cette nouvelle campagne, principalement présentée sous le format d’une web-série en 4 épisodes diffusée sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat et Youtube), a pour objectifs de permettre aux jeunes – auteurs comme victimes – de mieux identifier et reconnaître les actes de violence et cyberviolence sexuelles dans leur couple, de détecter des signes de contrôle et de contrainte mais aussi d’obtenir de l’aide de la part de professionnels. «#ARRÊTE c’est de la violence» s’inscrit aussi dans le sillage du mouvement massif initié dans le monde entier sous le slogan « Me too » afin de faire cesser la banalisation des violences sexuelles.

 

Afin de répondre aux modes habituels de communication utilisés par les jeunes, la ligne d’écoute gratuite « Violences conjugales » (0800/30.030) étendra désormais son dispositif pilote de « chat » à 8 heures par semaine, principalement après les heures scolaires.

 

« #ARRÊTE c’est de la violence », qui est également déclinée sur le site internet www.arrete.be et via une campagne d’affichage de près de 86 000 stickers et affiches, a été conjointement financée à hauteur de 75 000 euros.

 

Cette initiative s’inscrit, par ailleurs, dans une volonté plus large d’appréhender ces phénomènes puisqu’une étude sur les violences dans les couples de jeunes est en cours de réalisation. Des premiers sondages récoltés dans ce cadre et sur plus de 1300 personnes interrogées, il ressort que près de 17 % des jeunes, de 12 à 21 ans, déclarent être victimes de cyberviolence sexuelle et 1 fille sur 10 subit des violences sexuelles dans sa relation.

 

Cette nouvelle campagne qui fait partie intégrante du Plan d’action intra-francophone 2014-2019 de lutte contre les violences, a également permis de mettre en lumière l’actualité Ministérielle en la matière, à savoir principalement:

 

  • En Fédération Wallonie-Bruxelles, un avant-projet de décret de lutte contre les violences faites aux femmes a été adopté en première lecture au Gouvernement. Celui-ci vise à pérenniser le soutien apporté aux associations de terrain via une enveloppe annuelle globale de 400 000 euros.
  • En Wallonie, à la suite du décret d’agrément des Services et dispositifs d’accompagnement des violences entre partenaires et des violences fondées sur le genre, voté en mars dernier, l’arrêté d’exécution doit être approuvé, le 22 novembre prochain, en 1ère lecture par le Gouvernement wallon. Concrètement, le budget de la quinzaine d’associations existantes sera pérennisé et devrait augmenter de plus de 100 000 euros l’an prochain et même de quelque 200 000 euros dans les deux ans. Plus précisément, le budget total passera d’environ 550 000 euros actuellement à 730 000 euros dans les deux ans (en 2020) et même à plus de 785 000 euros au plus tard en 2024.
  • La COCOF finance la Ligne d’écoute gratuite « violences conjugales » à hauteur de 35 000 euros par an, dont une partie sert à financer le dispositif pilote de « chat » qui a été lancé en juin 2018. Un subside ponctuel de 1500 euros a été octroyé par la Ministre Fremault pour étendre les plages horaires de ce chat à 8 heures hebdomadaires pendant 6 semaines à compter du lancement de la campagne. Depuis 2014, le budget annuel consacré aux animations scolaires d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS), qui vise à apprendre le respect de l’autre dans la relation dès le plus jeune âge, a été porté à un montant annuel de 600 000 euros. Ces animations EVRAS comprennent en outre, depuis 2017, un focus sur la thématique des violences dans le couple. En 2016/2017, 235 établissements scolaires bruxellois ont été touchés par des animations EVRAS contre 190 écoles pour l’année 2015/2016, ce qui correspond au minimum à 27 756 élèves à travers 5586 heures d’animations (contre 4 268 heures pour l’année 2015/2016).